Le sourire des hippodromes belges

Cet article est issu du magazine L’équimag n°6

Le sourire des hippodromes belges

Figure marquante des hippodromes belges depuis plusieurs décennies Hein van den Hende entraîneur – meneur réputé aligne toujours les succès avec une régularité rarement démentie. Il a fondé sa réussite passée et actuelle sur la fidélité le travail et le sourire.

Texte : Xavier Rouet
Photos : Frédéric Moisse

Après avoir quitté l’hippodrome d’Ostende où il a passé plus de dix années c'est à quelques encablures de Torhout que s’est installé Hein van den Hende voici trois ans. L’homme de Sweet Yankee - et de bien d’autres - trimballe sa bonne humeur sur tous les hippodromes de Belgique et de temps en temps en France sur la côte d’azur notamment. Entretien avec un entraîneur qui remporte chaque année une trentaine de succès.

Hein comment avez-vous débuté votre carrière ?

Mon père était professeur à l’université de Gand mais mon grand père était maréchal ferrant à Waregem. Je crois que j’ai hérité de son sang et de son amour pour les chevaux. Je n’étais pas un crack à l’école mais plutôt un bon vivant. J’avais un copain qui à l’époque avait un cheval dont le driver était Raf Depuydt. Comme il fallait que je fasse quelque chose et que les études ne me passionnaient pas j’ai dit à mon père que je voulais essayer et je suis rentré à 16 ans comme apprenti chez Raf Depuydt.

Quels souvenirs gardez-vous de cette période ?

Ma première victoire bien sûr avec Kali Noordhof. Et surtout le contact avec Raf qui est quelqu’un de spécial mais qui est un homme de métier. J’ai énormément de respect pour lui. Il a été un très bon maître d’apprentissage. J’ai d’ailleurs été champion des apprentis à 17 ans. C’est un homme courageux qui n’a pas toujours été épargné par les soucis dans la vie. C’est un énorme travailleur de jour comme de nuit. Quand un cheval doit gagner je pense qu’il n’y a pas mieux que Raf. J’ai énormément appris à son contact. Je suis resté chez lui trois ans avec beaucoup de succès à la clef. J’ai ensuite passé un an dans l’écurie De Cooman et un an chez Jérémy Mouton à la mer. Et après je me suis installé à Ostende.

Comment se sont passées ces années à Ostende ?

J’adorais l’hippodrome d’Ostende où les installations étaient magnifiques. La piste en herbe était très bonne pour entraîner et puis on avait la mer et la plage pour travailler. Le meeting d’Ostende était très particulier avec deux mois festifs. J’ai toujours eu une quinzaine de trotteurs à la maison avec Ariazona Logniat qui m’a apporté mes premiers grands succès pour l’écurie de Josef De Brussere qui est l’un de mes meilleurs propriétaires. Il a toujours eu beaucoup de chevaux chez moi et est resté fidèle dans les bons comme dans les mauvais moments. Maintenant ce sont ses trois fils qui assurent la relève avec cinq chevaux dont Penelope du Maine Major du Lombart et Lapsus de Mie. Et puis je drive aussi pour l’extérieur et j’ai eu quelques belles victoires avec Footloose qui a gagné le Grand Prix Charley Mills ou encore Gone Fishing avec qui j’ai gagné un Grand Prix au Croisé Laroche. Ensuite il a fallu se résoudre à quitter Ostende et je suis venu chez Daniel Defauw qui s’occupe notamment de Sweet Yankee. Ici il y a une quarantaine de boxes quinze hectares de paddocks où tous les chevaux vivent dehors toute l’année avec un abri.

Justement parlez-nous de Sweet Yankee ?

Je tiens d’abord à préciser que toute la réussite de la jument est dûe à Daniel Defauw qui est un homme adorable et qui s’occupe d'elle au quotidien. Moi je la trotte juste de temps en temps. C’est une jument très rapide qui a beaucoup de vitesse derrière la voiture. Elle est souvent au top à la fin de l’été. C’est d’ailleurs à cette époque qu’elle a gagné à Cagnes sur Mer tête et corde en 1’13’’. Avec elle lorsqu’elle est bien il faut courir offensif et elle est très facile à driver. Je pense qu’elle est juste en-dessous de la catégorie des meilleurs.

Comment se compose votre effectif actuellement ?

Comme toujours j’ai une quinzaine de chevaux dont cinq français. Ce sont des chevaux qui viennent de propriétaires de la région des clients fidèles. Pour ma part je ne les débourre pas. Je laisse faire cela à un ami car on ne peut être partout à la fois. J’ai donc cinq chevaux pour l’écurie De Brussere dont Penelope du Maine que j’ai acheté aux ventes de Deauville et qui va recourir au monté en France. Major du Lombart était chez Stéphane Cingland un ami en France. Avant il était chez Raf Depuydt et maintenant il est à la maison. Il a de bons résultats au monté. Pour Lapsus de Mie qui a 9 ans cela devient plus difficile. Ariane Lavec est souvent placée et progresse. Vainqueur a gagné cinq courses à Waregem et vient de gagner à Mons. Il retrouve progressivement sa forme de l’an passé et il est à suivre. Platine de Cambron est souvent placée et elle est prête à gagner. Quelle Belle Gosse a bien courru dans le championnat des chevaux français. Elle a été dans le sud de la France chez Stéphane Cingland et y a pris deux places. Elle vient de revenir à la maison il y a juste quinze jours. J’ai aussi Qualibia du Bizoir qui vient de gagner à Amiens. Je viens d’acheter Paulo du Pont à Gilbert Martens qui a déjà trotté 1'16'' mais qui est très difficile au départ. Et puis chez les jeunes il y a Big Pet Veerle qui a couru en 1’19’3 en débutant à Waregem. Elle est rapide mais manque de tenue. Brookie Native devrait courir le Darby car c’est un très bon cheval. Enfin j’ai un « R » aussi qualifié qui est extra corde à droite et un  « S » par Jeanbat du Vivier.

Comment voyez-vous l’avenir ?

J’adore ce métier et les gens qui le font mais il faut du courage et il faut cravacher. Pour vivre en Belgique il faut impérativement de bons propriétaires qui restent fidèles. Je suis très bien dans les installations de Daniel Defauw. Ma femme est tombée malade il y a dix ans et je ne veux plus trop voyager. Ma vie je la consacre désormais pour moitié à mes chevaux et l’autre moitié à ma femme que j’adore.