Sophie Wilford : "Je recommencerais demain !"

Crédit photo : Collection privée
Crédit photo : Collection privée

De retour en Europe après avoir terminé neuvième de la plus longue course du monde, Sophie Wilford nous fait part de son expérience. Une dure épreuve physique qu’elle ne regrette pas une seconde d’avoir osé surmonter. Un témoignage exclusif.

La concurrente belge a dépassé ses limites lors des 1.000 km de course en pleine steppe mongole. Vétérinaire, elle était présente lors de l’édition 2014 du Mongol Derby. Cette année, elle s’est inscrite en tant que cavalière. Une expérience hors du commun.

DU RÊVE A LA REALITE

Sophie Wilford rêvait de la Mongolie depuis son plus jeune âge. Elle lisait des romans et s’inventait des histoires dans lesquelles elle parcourait la Mongolie à cheval. "C’est par hasard que je suis tombée sur le Mongol Derby. Du coup, j’ai postulé en tant que vétérinaire en 2014. J’ai été séduite par ce peuple et leurs chevaux. C’est assez naturellement que je me suis lancée dans le projet fou de participer en tant que cavalière en 2015", raconte Sophie Wilford.

Notons un détail non négligeable : la cavalière n’avait aucune expérience en endurance avant cette course.

UNE EPREUVE PHYSIQUE ET MENTALE

Les steppes mongoles représentent un cadre spectaculaire, mais sont surtout très austères. "Le climat fut rude (de 37° à 8° en une semaine), les destriers furent fidèles et l'épreuve physique et mentale fut ardue. J'en subis désormais les conséquences, après une chute avec une petite commotion cérébrale, une crise d'hypothermie, une petite tourista, je suis à l'hôpital avec une méningite virale. Cependant, je recommencerais demain", détaille Sophie.

LES PONEYS MONGOLS ? DES MONTURES SURPRENANTES !

Notre compatriote a été séduite par les montures locales. "Les poneys mongols sont sublimes. Ils sont forts malgré leur taille. Leurs sabots sont d'une solidité impressionnante. Leur moral est d'acier. Ils sont reconnaissants de la complicité qu'on peut leur accorder", ajoute-t-elle.

Sophie Wilford nous raconte un des meilleurs moments de cette aventure : "Le moment le plus marquant fut après ma crise d'hypothermie. J'ai eu un black out et me suis retrouvée à une des étapes me réchauffant avec des couvertures et de la soupe. Cependant, nous n'avions fait que 80 km et voulions en faire 160 ce jour-là. J'ai fait comprendre par le sourire que j'étais prête à repartir et que j'avais besoin d'un cheval qui volerait jusqu'au prochain arrêt et qui s'occuperait de moi. Le nomade a compris et m'a emmené dehors dans la pluie et le froid et m'a choisi un petit cheval noir. Il a "volé" à travers les montagnes, je me sentais protégée par ce nomade, ce cheval et la Mongolie entière, j’en avais les larmes aux yeux. Plus rien ne pouvait m'arrêter".

Forte de cette expérience, Sophie adorerait participer à l’édition 2016 du Mongol Derby. "Je prendrais juste plus d’anti-moustique et porterais un collant cycliste pour éviter les frottements", précise-t-elle malgré tout.

Pour terminer, voilà le conseil de Sophie Wilford aux prochains participants : "Je leur conseillerais d'y aller le cœur et l'esprit ouverts, je leur dirais que le peuple et les chevaux mongols ont beaucoup à nous apprendre...".

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