Le marchand d'Ogy sur le banc des accusés

Les conditions de vie dramatiques des chevaux détenus par le marchand d'Ogy (Photo : Animaux en Péril)
Les conditions de vie dramatiques des chevaux détenus par le marchand d'Ogy (Photo : Animaux en Péril)

C'est ce vendredi 9 octobre que le tristement célèbre "Marchand d'Ogy" comparaitra devant la chambre du Conseil du Tribunal de Tournai aux côtés d'un inspecteur vétérinaire de l'unité Bien-être animal (UBEA) de Wallonie. Un procès très attendu par les associations de protection animales.

C'est face à non moins de 24 chefs d'inculpation que Pascal Delcourt, un marchand de chevaux situé à Ogy (Lessines) devra répondre le 9 octobre. On lui reproche à la fois des cas de maltraitance animale, de non respect de la législation sanitaire ainsi que des actes liés à la traite des êtres humains. Un inspecteur vétérinaire de l'UBEA doit également comparaitre car il est soupçonné de corruption. "Ces deux inculpations sont le résultat d’une enquête menée par une juge d’instruction suite à des faits de maltraitance graves commis en 2016. À l’époque, plus de 50 chevaux ont été saisis et confiés aux refuges.

Cette juridiction devra se prononcer sur un renvoi ou pas des deux individus devant le tribunal correctionnel", nous explique dans un communiqué de presse Jean-Marc Montegnies, Président d’Animaux en Péril. Les associations Le Rêve d’Aby, EquiChance, Animal sans Toit et Help Animals et Animaux en Péril se sont constituées parties civiles dans cette affaire qu'elles espèrent renvoyer en correctionnel après 4 ans d'attente.

Pour rappel, Pascal Delcourt est un multirécidiviste en matière de maltraitance animale. Ce sont des chevaux hautement négligés qui ont du être pris en charge lors de l'importante saisie qui a eu lieu en 2016. Hébergés sur des champs de terre ou dans un hangar recouvert d'une couche d'excréments, les chevaux étaient affamés, déshydratés, parasités, porteurs de maladies virales voire blessés dans certains cas. Mais ce n'est pas tout, apparemment, certains chevaux étaient même abattus illégalement sur place. La première condamnation de Pascal Delcourt remonte à 2009. Choquée Sophie Locatelli, présidente du Rêve d’Aby ajoute que : « Pascal Delcourt a maltraité des centaines d’animaux depuis des années et écoulé des carcasses non conformes dans la chaîne alimentaire, comment peut-il encore aujourd’hui exercer pleinement son activité ?  Les autorités fédérales sanitaires et régionales du bien-être animal vont-elles enfin se réveiller ?»

Voici une partie des 24 préventions concernant le marchand d'Ogy, selon le communiqué de presse d'Animaux en Péril :

  • Avoir abattu des équidés clandestinement.
  • Avoir détenu des équidés, des bovins et nombreux autres animaux en infraction avec la législation sur le bien-être des animaux.
  • Avoir vendu des équidés ne pouvant entrer dans la chaîne alimentaire et falsifié des denrées alimentaires.
  • Avoir vendu des denrées alimentaires qui contiennent des contaminants interdits.
  • Avoir importé illégalement des équidés.
  • Avoir rédigé de faux passeports et avoir dissimulé l’origine des équidés pour les faire entrer dans la chaîne alimentaire.
  • Avoir commis l’infraction de traite des êtres humains (emploi de main-d’oeuvre illégale dans des conditions contraire à la dignité humaine).

 

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