Christophe Ameeuw : "Nous avons tout à réinventer"

Christophe Ameeuw (Photo : Jean-Louis Carli / Alea pour EEM)
Christophe Ameeuw (Photo : Jean-Louis Carli / Alea pour EEM)

Organisateur des Longines Masters dont deux étapes ont d'ores et déjà été annulées cette année, Christophe Ameeuw et sa société EEM sont touchés de plein fouet par les conséquences de l'épidémie du Covid-19. L'entrepreneur belge aborde cependant cette crise avec une certaine philosophie et le regard tourné vers l'avenir, comme il le livre dans un entretien. 

Visionnaire dans ses concepts de compétition, Christophe Ameeuw prend à présent de la hauteur face à l'épidémie de coronavirus et ses conséquences présentes et à venir pour le monde équestre. Dans un long entretien sur le site de sa société EEM, il liste notamment de premiers enseignements de cette situation : 

"La première leçon tirée de cette crise est donc celle de la fragilité du modèle événementiel équestre et sportif. Nous, organisateurs de concours de premier rang, croyions que rien ne pouvait nous arriver, nous arrêter. Et pourtant... Rien n’est jamais acquis et cette crise nous pousse à la conclusion que le système événementiel et plus généralement le système mondial, globalisé, vivaient dans des excès, qui les rendaient très fragiles.

La deuxième leçon est celle de l’humilité. Ce Covid-19 nous a tous renvoyés à la case départ, et nous prévient aujourd’hui que le monde va changer : à nous de nous faire une place dans ce nouveau monde à venir, car ce nouveau monde ne voudra plus de nos anciens modèles.

La troisième leçon que je tire de cette double annulation et de ce que vit le monde actuellement est celle de la hauteur à prendre. En mandarin, le signe « crise » désigne également l’opportunité. C’est le moment ou jamais de remettre en question cette bulle artificielle que le monde a construite, y compris dans notre domaine, et dans laquelle nous vivions tous ; il faut profiter de cette crise pour se réinventer, se réorganiser, se structurer pour trouver un modèle bien plus solide, qui trouvera tout de suite sa place dans ce nouveau monde. C’est nécessaire, indispensable.

Le monde du cheval était lui aussi dans la surconsommation, avec un nombre incalculable d’événements, de voyages, les institutions paraissaient régulièrement débordées. Nous devons aujourd’hui regarder vers l’avenir, laisser derrière nous tout ce qui n’était pas nécessaire et au contraire développer tout ce qui nous tirera vers le haut, dans le respect des signaux que cette crise nous envoie."

A l'avenir, Christophe Ameeuw envisage que le bien-être des chevaux reste au centre des préoccupations comme dernièrement, "avec d’autres objectifs que la crise mondiale que nous traversons nous pousse à prendre davantage en compte. Cette crise est celle de la sur- mondialisation, de la surconsommation, d’une bulle économique inexistante et irréelle, de l’irrespect de la nature, de l’environnement et de la planète, du non-sens finalement de nombreuses de nos actions et de notre mépris pour les générations à venir.

Je le répète : nous avons tout à réinventer, en trouvant une place pour notre sport dans ce nouveau monde, en étant conscients que ce nouveau monde ne tolérera sans doute plus nos garden- parties, nos camions qui pourraient transporter des maisons mais qui ne transportent que trois chevaux, nos structures ultra-éphémères surdéveloppées pour trois ou quatre jours de concours."

Se dirige-t-on dès lors vers des concours internationaux moins nombreux, moins fastueux ou du moins plus locaux? Il est à ce jour trop tôt pour le dire mais il est certain que, comme de nombreux autres domaines, le monde équestre ne sera sans doute plus pareil après cette crise... 

Retrouvez l'interview complète de Christophe Ameeuw en cliquant ici

Moncheval.net